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Modèle théorico-pratique · Joachim Roberfroid

La Valence Vitale

Pourquoi vous ouvrez-vous ici, et vous refermez-vous là ? Ce n'est ni votre caractère ni votre morale. C'est un calcul que votre corps fait avant vous, sur deux variables seulement. Ce modèle le rend visible, et son scan dessine votre carte en huit minutes.

8 à 10 minutes22 questions8 registres de vieRésultat immédiat · sans inscription

[ Premier repère ]

Une seule question, posée proprement

Qu'est-ce qui détermine, à un instant donné, qu'un être humain s'ouvre à l'autre ou se referme contre lui ?

La même espèce capable de solidarités magnifiques est capable de prédation et de repli — et c'est souvent la même personne. L'explication morale (les bons, les mauvais) ne tient pas.

Le modèle propose autre chose : la bascule est le résultat d'un calcul, le plus souvent inconscient, corporel, instantané, entre ce qu'on peut gagner ensemble et ce qu'on peut gagner seul.

Valence : un penchant, une orientation du corps avant toute décision raisonnée.

Vitale : cette inclination s'ancre dans la proximité au seuil de survie. C'est de là que tout bascule.

[ Deuxième repère ]

Deux leviers, pas un de plus

La force perçue : ai-je une chance de l'emporter dans ce rapport précis ? La position au seuil : suis-je au-dessus (surplus) ou en dessous (pénurie) de ce dont j'ai besoin ? Déplacez les deux curseurs, et regardez ce qui s'allume.

SurplusPénurie Force haute
A · Bras ouvertsDonner, accueillir, allier
B · Poings fermésPrendre, dominer
Force basse
C · Pas de côtéSe retirer, cohabiter
D · SupplicationS'unir par nécessité, se soumettre

Le signe que la grille tient : en A comme en D, on ne se bat pas — mais pour des raisons opposées. En A, on s'allie par surplus. En D, on s'allie par nécessité. Ces deux liens-là ne construisent pas la même chose.

[ Troisième repère ]

Vous n'êtes pas dans une case

Le seuil n'est pas unique. Votre corps évalue en permanence huit registres de valeur, et chacun a sa propre position et sa propre posture. Vous pouvez être en abondance sur l'un et en pénurie sur l'autre, au même instant.

VitalCorps, sécurité physique, santé, énergie
MatérielRessources, argent, sécurité économique
TerritorialEspace, foyer, temps à soi, frontières
AffectifAttachement, être relié et reconnu des siens
SexuelDésir, élan, intimité
StatutRang, estime, réputation, influence
ÉpistémiqueSavoir, comprendre, nouveauté
SensCohérence, valeurs, raison d'être

Généreux avec son argent, prédateur pour la reconnaissance, dépendant en amour, indifférent au savoir des autres — la même personne, à la même seconde.

[ Quatrième repère ]

La peur ne crée rien. Elle déplace.

La peur ne fabrique aucune posture nouvelle. Elle déforme la perception : elle gonfle ce qui manque, elle précarise votre force, elle contracte le cercle de ceux sur qui vous comptez, elle raccourcit l'horizon.

Conséquence contre-intuitive, vérifiée en simulation : la peur ne rend pas combatif. Elle pousse vers la soumission, pas vers le combat. Le combat exige une force réelle.

C'est exactement pourquoi, dans la NSQ®, le corps passe avant l'action. Une carte lue en état de peur est une carte plus sombre que le territoire.

Réguler d'abord. Décider ensuite. Jamais l'inverse.

[ Dernier repère ]

Quatre questions pour reprendre la main

La carte ne prédit pas votre avenir et ne mesure pas votre valeur. Elle rend lisible une mécanique d'ordinaire invisible, et c'est en la voyant qu'on cesse d'en être l'esclave. Dans une tension réelle, quatre questions suffisent :

  1. Ma peur gonfle-t-elle ma perception de la rareté ?
  2. Contracte-t-elle mon « nous » ?
  3. Me fait-elle régresser d'un cran ?
  4. Et quel registre, au juste, est en pénurie ?

[ Le scan ]

Dessinez votre carte

Répondez vite, avec le corps plutôt qu'avec l'analyse. Il n'y a aucune bonne réponse : la Valence Vitale ne classe pas les personnes, elle cartographie les bascules.

[ Avant de commencer ]

Depuis où répondez-vous ?

La même personne n'a pas la même carte dans son salon et dans une réunion tendue. Choisissez le point de vue — et sachez que refaire le scan depuis l'autre est l'information la plus précieuse des deux.

[ Mise en contexte ]

Posez la scène

Une situation précise, pas un thème. Pas « le travail » — mais « l'entretien de jeudi avec M. ».

1Le lieu. Où êtes-vous ? Que voyez-vous autour de vous ? Prenez trois secondes pour y être vraiment.
2L'autre. Qui est en face ? Quel ton, quel visage, quelle distance entre vous ?
3L'instant juste avant. La seconde qui précède la bascule. Restez là : c'est depuis cet endroit que vous répondez.

Choisissez une scène qui vous met sous tension, pas une scène qui vous submerge. Si le corps s'emballe, revenez au présent : pieds au sol, expiration longue. Vous pourrez toujours y revenir plus tard.

Scène
Les registres1 / 22

Expirez

[ Sortie de scène ]

Revenez ici

  • Sentez vos pieds sur le sol. Appuyez un peu.
  • Une expiration longue, plus longue que l'inspiration.
  • Regardez trois choses réelles autour de vous. La scène est derrière.

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Statut de ce texte. Modèle : le Modèle de la Valence Vitale est un cadre théorico-pratique de Joachim Roberfroid (2026). Il est fécond — il organise l'observation et génère des questions précises. Il n'est pas encore validé statistiquement, et cette honnêteté fait partie de l'outil. Instrument : le scan est une lentille de lecture, jamais un diagnostic ; il ne constitue ni un test psychologique normé, ni un acte médical. Ce que vous lisez est une photographie d'un moment, pas un verdict sur une personne.

[ La suite ]

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